Avant de croquer la pomme

Il fallait bien y arriver
Au pommier
Et tout de suite
Tomber dans les pommes
De mon enfance
Au verger planté
Par l’arrière-grand-père
Prénommé Jules
Dans la Sarthe

Tant le pommier suscite
Autour de lui un jardin
De mots et mythologie
Ô Éden, ô Hespérides
Filles de Madame l’Heure-du-soir
Et du titan Atlas porte-monde

L’odeur des pommes
Est un peu sure
Pommes à cidre
Ou pommes à couteau ?
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Lire Le Dernier Stade de la soif de Frederick Exley

Lire Le Dernier Stade de la soif de Frederick Exley est une aventure étrange à laquelle j’ai failli renoncer. Le récit déroule une addiction incurable à l’alcool et au football américain, de nombreux séjours en clinique psychiatrique, y compris des traitements aussi violents qu’absurdes, dont l’insulinothérapie, qui repose sur des injections d’insuline pour priver brutalement l’organisme de sucre, ou des électrochocs.

Peu de thèmes m’indiffèrent autant que le football américain ou la fixation tout aussi américaine sur la figure du père, et certaines blessures narcissiques font l’objet d’un ressassement maladif que je trouve perturbant, mais la dimension épique de la révolte du narrateur contre tout le reste de ce qui fait les États-Unis, son insoumission chronique, ses échecs professionnels et amoureux volontaires, son désir désespéré de devenir un écrivain, et surtout d’extraordinaires portraits de personnalités ratées et magnifiques, asservies par leurs propres mensonges, l’athlétique et minuscule représentant de commerce Mister Blue ou le beau-frère Bumpy, ignare obsédé par une citation de Fitzgerald, transcendent toute réserve.

La Petite Espagne, l’Internationale lettriste, la dérive psychogéographique et les mégapneumes

À partir de la fin du 19e siècle, des immigrés espagnols se sont installés dans la Plaine-Saint-Denis pour travailler dans l’industrie, chez Saint- Gobain, à la tréfilerie Mouton, fabricant de fils de fer, ou aux verreries Legras.
Chez ces mêmes verreries Legras, au début du 20e siècle la police a trouvé des enfants de moins de treize ans employés comme ouvriers, alors que c’était déjà interdit. Ils étaient revendus par des trafiquants de chair humaine qui les achetaient à leurs parents en Espagne. Continuer la lecture de « La Petite Espagne, l’Internationale lettriste, la dérive psychogéographique et les mégapneumes »