Carl von Linné et l’amour


Né en dix-sept cent sept, Carl Nilsson
Fut rebaptisé Carl Linnæus
Puis encore Carolus Linnæus
(Forme latinisée
D’un vieux suédois linn
À cause d’un tilleul
Du domaine familial)
Une fois anobli en
Carl von Linné
Il pouvait bien
S’interroger
Sur le véritable
Nom de choses
Et tenter d’établir
Une nomenclature
Du monde
Systema Naturæ

S’étonnera-t-on
Que son classement
Assemble
Deux noms
Qu’il soit binominal
Et latinisé
Le tilleul c’est tillia europaea
Genre en premier
Espèce en second

Pourtant, Carl Linnæus
Ton nom est construit
Dans l’autre sens
Individu d’abord
Groupe ensuite
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Un arbre « bien nommé » ?


Bois dur et cassant
D’un grain fin et serré
Son architecture torse
Et désordonnée
S’emmêle volontiers
Aux autres branches

Cannelures sur l’écorce
Même sans espoir
D’être le plus haut
Il jaillit, s’élance,
Véritable fusée de bois

Avec ses feuilles lancéolées
Asymétriques en leur extrémité
Rougeoyantes en automne
Comprend-on pourquoi
Il a été baptisé
Par Carl von Linné
Euonymus, c’est-à-dire
Le bien-nommé ?

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Mes écritures à la rue

Cette semaine, mes écritures à la rue, avec Les Grandes Personnes :
À DEMAIN (première époque)
Paris / 31 mai, 1er Juin, 16 juin
À demain ouvre une brèche vers des futurs positifs. Un acteur porte une boîte surprenante et propose aux passants d’assister en une à deux minutes à l’éclosion quasi magique d’un futur sans zombie, ni société totalitaire ou catastrophe écologique. Le dispositif d’ensemble comprend plusieurs boîtes, et autant de futurs possibles, réalisés par des plasticiens, écrits poétiquement.
Festival Onze Bouge
Mercredi 31 mai
> 17h à 18h30 autour de la place Léon Blum, Paris 11e
> 20h à 20h30 devant le Théâtre Déjazet 41, boulevard du Temple, Paris 3e
Jeudi 1er juin
> 17h à 18h30 autour de la place Léon Blum, Paris 11e
> 20h à 20h30 devant la Salle Olympe de Gouges 15, rue Merlin, Paris 11e
Les Nocturbaines
Vendredi 16 juin
> 16h30 à 17h30 sur et autour de la place de la Réunion, Paris 20e
> 18h30 à 19h au square Casque d’Or (derrière la place de la réunion), Paris 20e
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France, les Ateliers Frappaz – CNAREP Villeurbanne, le Moulin Fondu – CNAREP Noisy-le-Sec et la Villa Mais d’Ici

ANCÊTRES À ORLY
Orly (92) / 3 et 4 juin
Le spectacle participatif Ancêtres retrace les aventures qui ont fini par réunir nos aïeux depuis leurs diverses régions ou pays d’origine. Mêlant scènes du quotidien et aventures, le récit repose sur des figurines articulées, sculptées par les participants. Tenant à la fois de la poupée, de la marionnette et de la statuette, elles racontent l’exil, la résistance, l’amour et surtout matérialisent le lien mystérieux et invisible que chacun de nous entretient avec ses ancêtres.
Festival Orly en Fête Parc Méliès, Orly (92)
Samedi 3 juin > 15h, 16h, 18h, 19h
Dimanche 4 juin > 14h, 15h, 17h, 18h
Durée du spectacle : 40 min environ

Vie et aventures de Valentin L***

https://sergephilippelecourtphotographe.wordpress.com
Photographie de Serge-Philippe Lecourt

J’ai plusieurs fois rencontré dans l’Orne de vieux paysans dont la dignité, la pudeur et l’ironie me faisaient irrésistiblement penser aux lords anglais des romans de ma jeunesse. Valentin L*** était l’un d’entre eux. Un jour, il m’a raconté sa vie pour que je la note, parce qu’il craignait que ses arrière-petits-enfants n’en sachent rien. Le récit a été transmis, en voici une version légèrement modifiée.

Fils de Gaston et Lucille L***, issu d’une famille installée depuis très longtemps dans les environs de L*** (Orne), Valentin était un petit garçon tout blond. Ses parents se sont séparés quand il avait deux ans et demi, ce qui était peu courant à l’époque, et le tribunal a décidé qu’il vivrait chez son père. Celui-ci l’a confié à un couple de cousins, Gustave et Juliette D***, qui habitaient une modeste ferme en campagne, près de L***. Si Valentin voyait assez souvent son père qui habitait les environs, il voyait moins sa mère, qui avait déménagé du côté de l’Aigle. Au bout d’un temps, les D***, qui n’avaient pas d’autre enfant, ont fini par l’adopter. Pour aller à l’école, il faisait trois kilomètres à travers champs, jusqu’au village. En hiver, il apportait une bûche pour le poêle à bois qui chauffait la classe, tenue par l’instituteur M. Hocet. L’école de garçons comportait quarante-cinq élèves, l’école de filles à peu près autant. Une bêtise dont il se souvient : un jour, il a grimpé à un arbre pour voler des ce­rises. Avec des camarades, il jouait à attraper des hanne­tons, à les attacher par une patte à bâton et à les faire tourner. Continuer la lecture de « Vie et aventures de Valentin L*** »