Encore une élucubration de mon ami Paul Lepic

L’espace sépare. L’espace sépare, n’est-ce pas. Mais sans espace, n’est-ce pas, nous ne nous rencontrerions pas… Nous serions les mêmes ou pas ? Ou alors pour toujours hors d’atteinte l’un de l’autre ?
(L’espace, le vrai, le vaste, est au singulier ; au pluriel, il rétrécit. De même, la prairie. Dans la prairie on galope, on se fait adopter par des Pawnees ou par des Crees. Tornades et incendies nettoient régulièrement l’étendue. Mais dans les prairies, on broute de l’herbe.) Papa, l’espace sépare ou pas ? Papa, à l’aide ! L’espace, je m’éparpille dans l’espace. Je m’éparpille, je me sépare de moi-même dans l’espace, ou pas ? C’est le diable qui sépare n’est-ce pas ?
Paul Lepic, « apologues au galop » dans Œuvres inconnues et inédites.

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