
Si le diable ne m’en empêche pas, je serai dans les Basses Alpes du 10 au 15 octobre pour célébrer les résistances républicaines avec l’association 1851


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Est-ce un pin sylvestre ?
En tout cas, ce n’est pas
le pin noir d’Autriche
agent de repeuplement
d’un office des forêts
en mal d’imagination
Mais celui-ci qui
prend ses appuis
comme un lutteur
s’arc-boute, s’ancre
résiste au vent
Continuer la lecture de « Le pin rouge et les Marx Brothers »
Couronnant la colline
depuis des temps immémoriaux
la forêt règne sur l’horizon
On n’en voit que la lisière
bord plus ou moins effrangé
limite plus ou moins effilochée
Faut-il dire lisière ou orée ?
Qui est dedans, qui est dehors ?
Un œil observe-t-il depuis la sylve ?
La plupart des villages, des ermitages
ont choisi de lui tourner le dos
d’ouvrir des essarts, des défrichages
À son abord quelque chose nous interdit
outre les panneaux défense d’entrer
Chasse privée, voire Attention pièges
Continuer la lecture de « À l’orée »
Et puis
eh oui
le buis
jadis appelé bouis
glabre, lisse, persistant
résistant aux intempéries
Serai tenté
d’affilier le buis
au buisson
mais fausse étymologie
Illustration, Giovanna Garzoni, 17e siècle.
Il fallait bien y arriver
au pommier
et tout de suite
tomber dans les pommes
de mon enfance
au verger planté
par l’arrière-grand-père
prénommé Jules
dans la Sarthe
Tant le pommier suscite
autour de lui un jardin
de mots et mythologie
Ô Éden, ô Hespérides
filles de Madame l’Heure-du-soir
et du titan Atlas porte-monde
L’odeur des pommes
est un peu sure
Pommes à cidre
ou pommes à couteau ?
Continuer la lecture de « Avant de croquer la pomme »

Peu de thèmes m’indiffèrent autant que le football américain ou la fixation tout aussi américaine sur la figure du père, et certaines blessures narcissiques font l’objet d’un ressassement maladif que je trouve perturbant, mais la dimension épique de la révolte du narrateur contre tout le reste de ce qui fait les États-Unis, son insoumission chronique, ses échecs professionnels et amoureux volontaires, son désir désespéré de devenir un écrivain, et surtout d’extraordinaires portraits de personnalités ratées et magnifiques, asservies par leurs propres mensonges, l’athlétique et minuscule représentant de commerce Mister Blue ou le beau-frère Bumpy, ignare obsédé par une citation de Fitzgerald, transcendent toute réserve.
Parfois, on est visité par l’illusion fugitive et très plaisante que les livres continuent à vivre en dehors de leur période optimale de consommation, soit le moment de leur publication et les mois qui suivent immédiatement.
François Prunier lit Les Spadassins
Sel
sur nos vies
sur nos vérités
sur nos ruines de Carthage
Exilés, repoussés
vers les terres du sel
les paluds, les salines
Nous vivons pieds nus
brûlés et séchés
au bord des étiers
sans ombrage
Continuer la lecture de « Semer du sel »
Exposant à nouveau
ces frêles esquifs de mots
aux périls de la navigation
sur la page blanche
Je pense forcément
à la coque de noix
et mon ennemi
mon persécuteur intérieur
chuchote : « Poèmes à la noix »
Noix gaulées
ou tombées
d’une vieille branche
d’un haut noyer
À partir de la fin du 19e siècle, des immigrés espagnols se sont installés dans la Plaine-Saint-Denis pour travailler dans l’industrie, chez Saint- Gobain, à la tréfilerie Mouton, fabricant de fils de fer, ou aux verreries Legras.
Chez ces mêmes verreries Legras, au début du 20e siècle la police a trouvé des enfants de moins de treize ans employés comme ouvriers, alors que c’était déjà interdit. Ils étaient revendus par des trafiquants de chair humaine qui les achetaient à leurs parents en Espagne. Continuer la lecture de « La Petite Espagne, l’Internationale lettriste, la dérive psychogéographique et les mégapneumes »