camerisier

Le chemin montait dans un sous-bois de la Drôme
C’était l’été, un rameau frêle et élégant
tendait ses feuilles opposées et ses fruit gémeaux
petites cerises jumelles d’un rouge ardent translucide
depuis un arbuste qu’on aurait risqué de piétiner
alors que ses cousins sont des lianes volubiles

Aussi nommé camerisier, ce qui emmène
dans une chambre forestière meublée de verdure
où dormir sous la protection des ramures
plafond mouvant de feuilles et de lumière
Lonicera xylosteum appartient à la vaste famille
des chèvrefeuilles, chère à mon cœur

Le nom énigmatique et caprin
évoque les chèvre-pieds
faunes, satyres ou même le grand Pan
et l’enthousiasme panthéiste
qui prend parfois le botaniste
ou l’ornithologue amoureux

Chèvrefeuille des haies
ou bien chèvrefeuille à balais
car, dit-on, il servait à en faire
de grossiers, pour balayer
comme le bouleau et le genêt

Mais le camerisier est sorcier
avec ses fruits trop beaux
pour être consommés
Les vanniers savent ses secrets
Quelque chose me dit
que même à la cuisine
il n’oublie pas la forêt
et ses courses effrénées

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