Face au texte : matière rétive

Matière rétive, pâte en fusion, le texte se laissera-t-il enfermer dans les « anneaux nécessaires d’un beau style » ? L’auteur, exposé à une chaleur confondante, a peu de temps quand il tire de la fournaise la masse informe et brûlante, pour la purifier, la former et, en y introduisant une canne creuse, la souffler de sa bouche, avec l’air de ses poumons. Une bulle irisée de langue et de style naît, que le plus petit choc suffirait à briser.
En métamorphose permanente, cette chimère, ce Protée, se laisse difficilement maîtriser. Malgré les chaînes préparées pour l’immobiliser, ses transformations, ses bonds, ses élans en ont désarçonné plus d’un.

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