Et puis
eh oui
le buis
jadis appelé bouis
glabre, lisse, persistant
résistant aux intempéries
Serai tenté
d’affilier le buis
au buisson
mais fausse étymologie

Le bric-à-brac de Jean-Baptiste Evette
site personnel
Méditations poétiques sur des arbres remarquables ou ordinaires et quelques « mauvaises herbes » : https://www.jean-baptiste-evette.fr/index-des-arbres/
Et puis
eh oui
le buis
jadis appelé bouis
glabre, lisse, persistant
résistant aux intempéries
Serai tenté
d’affilier le buis
au buisson
mais fausse étymologie
Illustration, Giovanna Garzoni, 17e siècle.
Il fallait bien y arriver
au pommier
et tout de suite
tomber dans les pommes
de mon enfance
au verger planté
par l’arrière-grand-père
prénommé Jules
dans la Sarthe
Tant le pommier suscite
autour de lui un jardin
de mots et mythologie
Ô Éden, ô Hespérides
filles de Madame l’Heure-du-soir
et du titan Atlas porte-monde
L’odeur des pommes
est un peu sure
Pommes à cidre
ou pommes à couteau ?
Continuer la lecture de « Avant de croquer la pomme »
Exposant à nouveau
ces frêles esquifs de mots
aux périls de la navigation
sur la page blanche
Je pense forcément
à la coque de noix
et mon ennemi
mon persécuteur intérieur
chuchote : « Poèmes à la noix »
Noix gaulées
ou tombées
d’une vieille branche
d’un haut noyer
Né en dix-sept cent sept, Carl Nilsson
fut rebaptisé Carl Linnæus
puis encore Carolus Linnæus
(forme latinisée
d’un vieux suédois linn
à cause d’un tilleul
du domaine familial)
Une fois anobli en
Carl von Linné
il pouvait bien
s’interroger
sur le véritable
nom des choses
et tenter d’établir
une nomenclature
du monde
Systema Naturæ
S’étonnera-t-on
que son classement
assemble
deux noms
qu’il soit binominal
et latinisé
Le tilleul c’est tillia europaea
genre en premier
espèce en second
Pourtant, Carl Linnæus
ton nom est construit
dans l’autre sens
individu d’abord
groupe ensuite
Continuer la lecture de « Carl von Linné et l’amour »
Bois dur et cassant
d’un grain fin et serré
son architecture torse
et désordonnée
s’emmêle volontiers
aux autres branches
Cannelures sur l’écorce
même sans espoir
d’être le plus haut
il jaillit, s’élance,
véritable fusée de bois
Avec ses feuilles lancéolées
asymétriques en leur extrémité
rougeoyantes en automne
comprend-on pourquoi
il a été baptisé
par Carl von Linné
Euonymus, c’est-à-dire
le bien-nommé ?
Le bouleau, son nom latin betula viendrait du celte ?
Pour Pline l’Ancien, c’était un arbre très blanc de la Gaule
Barbare et chevelue, poussant là-bas, au bord de l’eau
En pays froid, vaste, lugubre et continental

quelle nouvelle floraison
accroche aux branches
les mousselines immaculées
d’un nouveau printemps ?
Épine noire, épine blanche
mon cœur balance
L’épine noire du prunellier
est la première à fleurir
L’épine blanche
ou aubépine
est la plus parfumée
Elles fleurissent
sur les deux versants de l’imagination
aux deux versants d’avril
prunellier en mars
et aubépine en mai
Image : Tela Botanica
Mon érable n’est pas américain
Nulle cabane à sucre
Rien à inciser
Pas de suc délectable
Il ne figure sur aucun drapeau
Il n’est pas non plus
le majestueux érable sycomore
ni l’érable plane
certainement vénérables
probablement admirables
Car ma préférence va
à l’érable champêtre et tors
banal dans la haie
en bordure de pré
en bordure de terre arable
aussi bien en pays sec
que mouillé
Acer campestre
champêtre
ou un de ces mots
désignant les paysans
et pour certains devenus
des insultes
Érable rustique
cul-terreux
péquenot
bouseux
vilain
païen
Son étymologie est incertaine
Porte-t-il le suffixe en –able
du faisable ? Continuer la lecture de « L’érable brouillon »
De l’aulne, le nom
un peu liquide
signale un arbre
qui se plaît
les racines dans l’eau
au point que sa présence
révèle dans le paysage
les contours des rivières
qui s’y cachent
Les résidents du bord de l’eau
marais, fontaines, ruisseaux
ont mauvaise réputation
et il court des bruits étranges
sur l’aulne comme sur le saule
ou le peuplier
Au sud, on dit verne ou vergne
comme le vieux Jules
de Vingt mille lieues sous les mers
Un monstre aquatique
nous observe-t-il, impavide
trempant négligemment
un tentacule dans l’onde ? Continuer la lecture de « Les échasses d’aulne »
Présent toute l’année
mais plus évident
par temps de ciel laiteux
peint à la grisaille
temps de neige
Sempervirent
ce toxique nous atteindrait au cœur
précipitant ses battements
comme le baiser
sous son feuillage clairsemé
sous le gui échangé
baiser et non suçon
de petit vampire vert
assoiffé de sève
Que viens-tu faire
demandera-t-on au rimailleur
pousse méprisée et méprisable
petit parasite
dans ce sentier
déjà emprunté
par Francis Ponge
« Le gui la glu »
dont tu sembles
tout imprégné ?
Continuer la lecture de « Thèse et antithèse du gui »