Catherine Lépront a « inventé » mon premier roman, alors qu’il n’intéressait encore personne. C’est elle qui l’a déniché au milieu d’une pile de manuscrits et a pris contact avec moi. Je me souviens qu’elle n’aimait pas les suffixes en -et ou -ette, les jardinets ou les maisonnettes, alors qu’ils me rappelaient du Bellay ou la Pléiade, et que je m’appelle « Evette », ce qui ressemble à un diminutif. Elle prenait la question du narrateur très au sérieux, comme les gens qui perçoivent les résonances morales d’un choix esthétique. Et puis c’était une femme aimable, encourageante, qui m’a paru dotée d’un grand sens de l’humour et, encore, d’une personnalité vibrante.
La Ligne jaune
Texte écrit pour et avec les Grandes Personnes, La Ligne jaune raconte avec des santons la naissance, la vie et les luttes de l’usine Renault de Cléon. La Ligne jaune est en ce moment en tournée dans les Pyrénées dans les centres de vacances de la CCAS. L’ensemble de l’usine, des machines et des personnages tient dans deux grosses valises. C’est Raphaële Trugnan qui interprète d’une manière émouvante cette épopée ouvrière du 20e siècle en jouant avec une trentaine de santons.
Photographie Aude Meeschaert
Encore Ancestors, Voorvaders, Izynyanya
Un petit reportage en anglais, comme avant-goût ou comme souvenir du spectacle écrit collectivement pour le National Arts Festival de Grahamastown, Afrique du Sud.
Lignée I
La lignée, les arbres la comprennent différemment. Leur généalogie remonte à des ères dont nous n’avons pas mémoire. La hauteur et la puissance de leurs ancêtres nous dépassent. D’ailleurs, à l’assaut des rocailles ou des dunes, un arbre enterre une branche ou pousse une racine : il engendre alors des jumeaux parfaits sans l’intermédiaire des fleurs et des fruits. C’est nos conceptions qu’il bouleverse. Ces bosquets, ces taillis sont-ils le même individu dans plusieurs corps ou plusieurs individus au lignage identique ?
Photographie de P.-A. Touge
Remarque
Les quelques commentaires que recelaient ces pages ont été effacés par une intervention intempestive de l’hébergeur, sans mon accord.
Atelier d’écriture à Grahamstown, Afrique du Sud, en juin 2012
Pour la compagnie Les Grandes Personnes, j’ai encadré l’écriture du spectacle Ancestors – Voorvaders – Izinyanya représenté au National Arts Festival de Grahamstown, en anglais, afrikaans et xhosa (juin-juillet 2012).

Photographie de Hannah Paton (merci Hannah Paton)
Les participants à cette fiévreuse aventure de deux semaines en écriture, construction des marionnettes, sculpture, costume, mise en scène, chorégraphie et musique :
Siyabonga Adam, Mary Adriaan, Philippe Awat, Malibongwe Butana, Efese Betela, Christophe Evette, Jean-Baptiste Evette, Ntombizanele Frans, Sinethemba Fudwana, Flor-Marie Fuentes, Sivuyile Funze, Masixole Heshu, Vuyani « Nyish » Hoboshe, Mona Hopshire, Andiswa Jika, Yabako Konate, Thembisa Kondile, Puleng Leeu, Xolani Madinda, Ziyanda Makhathini, Mercy Manci, Sisonke Matiwane, Zamuxolo Mgoduka, Warren Mills, Ronald Mohapi, Shirley Moodley, Maurizio Moretti, Khanyisa Nomoyi, Sive Ntshinga, Sakhumzi Papy, Hannah Paton, Thandile Pongolo, Malibongwe Radebe, Ntombozuko Tinise, Peter Tobias, Joyce Trompetter, Leon Trompetter, Nyaki Tsana, Nomandla Tyukana, Nonelelwa Tyukana.

Photographie de Hannah Paton (merci Hannah Paton)
Soleil noir de Marechera
Après une longue attente, la traduction que Xavier Garnier a réalisée avec mon aide du redoutable Soleil noir de Dambudzo Marechera, mort à 32 ans au Zimbabwe, vient enfin de trouver un éditeur, Vent d’ailleurs.
Décrire
Je pratique dans mes carnets un nouveau genre littéraire qui consiste à décrire des textes sans les écrire. On peut aussi écrire les textes, les décrire puis les détruire, pour ne conserver que leur description.
Le bénitier de l’église d’Aurel, dans la Drôme, est un ex-voto à la déesse Andarta

Contrerimes
Ce pavé que l’Europe foule
Est gras encor du suif des morts.
Leurs os, qui n’ont plus de remords,
Y dorment au pas de la foule,
D’un sommeil noir, à pleins paniers.
— Dors-tu, Cathau, loin des charniers
Où tes crapauds, sous l’herbe verte,
Enchantaient le cœur des passants :
Toi qu’un jour l’aube, aux Innocents,
Trouva nue, et la gorge ouverte ?
Paul-Jean Toulet, « Dixains », Les Contrerimes, Poésie/Gallimard.

