Ma vie dans les librairies

Librairies

Une fois ou cinquante fois, ici ou là, je suis allé dans une de ces librairies, parfois intimidé ou hésitant, comme à un premier rendez-vous, toujours un peu ému et souvent heureux comme un enfant le soir de Noël. Étaient-ce pour moi des temples dont les libraires auraient été les desservants ? J’ai erré dans la forêt des signes, fouillé, trouvé de véritables cartes au trésor, et régulièrement eu des vertiges en achetant des livres qui n’étaient pas du tout dans mes moyens. J’y ai dédicacé mes romans à des poignées de lecteurs qui étaient surtout des lectrices : « Vous savez, moi, les romans, c’est surtout ma femme qui… »
J’y ai quelquefois lutté contre une tristesse noire en achetant un livre, Le Mal des fantômes de Benjamin Fondane, par exemple. Je veux bien avaler toute la tristesse du monde tant qu’il y a la force de la beauté. Chez un bouquiniste des quais de Paris, j’ai trouvé précisément plusieurs volumes du livre que je cherchais ce jour-là, Vie des grands capitaines français et étrangers de Brantôme.
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Face au texte : Le mot écran

Souvent, je cherche mes mots ou plus exactement j’essaie de retrouver un mot dont la précision, l’élégance, la saveur me hantent. Le souvenir est très net, mais le mot qui me vient n’est pas celui-là, mais un autre, approximatif, plus banal.
Pis encore, il m’empêche de retrouver celui que je cherchais : il fait écran. Ce mot écran reste là, cachant l’autre dans son ombre.
Je lutte, j’engage diverses stratégies pour retrouver mon mot, dictionnaires, lexiques, divagations calculées.
Quelquefois la conclusion s’impose : le mot que je cherchais n’existe pas. Ne reste que l’ombre qui le masquait.
D’autres fois, derrière le mot écran, je ne trouve qu’un pâle reflet du mot désiré, tout à fait dépourvu de magie.
Faut-il envisager un néologisme ? Tout démolir et réécrire pour abolir sa nécessité ?
Plus rarement enfin, on le déniche derrière l’écran, en sa splendeur native d’oiseau de paradis, de vieil ami, d’amour d’enfance ou de trésor de pirate.

Le chevalier véridique

Pour mon roman encore inédit, que je relis encore, Les Saints dans la montagne, j’ai écrit ce poème, imité des ballades de l’Aurès des anciens temps.

Oiseaux, cessez vos chants !
Tais-toi, le vent !
Malgré son courage,
L’ami de l’homme à l’épée,
Le chevalier véridique,
Les Français l’ont pris.
Seul Dieu est immuable dans les Cieux.

Près de sa maison,
Le palmier abattu a saigné
Et ses fils ont été dispersés.
Une averse de flammes
A brûlé le lieu de prière et d’études,
Dispersé les feuilles des savants traités.
Seul Dieu est immuable dans les Cieux.

Le sage de la montagne rouge est tombé,
Une vile trahison
L’a livré à ses ennemis !
Ô montagnes difficiles à gravir,
Hélas ! montagnes de la révolte,
Qu’êtes-vous devenues ?
Seul Dieu est immuable dans les Cieux.

Mais les graines semées par sa voix
Germeront et des épis nombreux
Lèveront dans les oasis et les villages.
Reviendra le temps de l’abondante moisson
Et de la faucille recourbée
Comme un croissant de lune.

Atelier d’écriture en ligne

Dans le cadre du projet Que trament les fillettes, j’essaie avec le collectif des Grandes Personnes et la Fabrique des Impossibles un atelier d’écriture en ligne pour élaborer un roman feuilleton contemporain, autour du quartier de la Plaine, entre Aubervilliers et Saint-Denis. Trois numéros ont déjà été publiés et il s’agit d’écrire les prochains.

Pour y participer, écrire à l’adresse mail quetramentlesfillettes@gmail.com, ou s’inscrire sur le groupe Facebook Que trament les fillettes ?

Quand les locataires ouvrent pour le première fois depuis longtemps un mystérieux placard à balais au rez-de-chaussée du 72 rue du Landy, ils y découvrent une statue représentant une femme à tête de lion digne de figurer dans un musée.

Sept châteaux

I. Manoir éphémère

Probablement lundi
reconstruire le château
démoli par les intempéries
l’incendie
ou la police nationale
rassembler les hardes
éparpillées
rebâtir
la frêle cabane
de pluie, de bâches
bois, carton et courants d’air
radeau d’entre deux naufrages
dessin d’enfant collé
sur la porte dégondée

II. Château pour quoi ?

Non enfermer
moi dedans et vous dehors
ou l’inverse
mais circonscrire un espace
à nos rêves
notre soif d’habiter
en Bohême ou en Espagne
offrir refuge
panser plaies
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Ateliers Ancêtres au Bourget, avec le collectif Les Grandes Personnes

Nous sommes fiers et émus de vous présenter enfin le premier épisode de la retranscription filmée des ateliers Ancêtres du Bourget. Des habitants racontent leurs ancêtres dans cette série de films réalisés par Marie Dubois. Expostion au centre culturel André-Malraux du Bourget, du 14 octobre au 2 janvier. #sculpture #théâtre #photographie
Originellement, ce devait être un spectacle, mais la maladie et les deuils en ont décidé autrement.
Nous serions heureux de vous retrouver pour vous présenter cette rencontre avec notre passé et avec le passé des autres.
Avec la Ville du Bourget, SHAM Spectacles, La Capsule etc.