Colosse effacé le cormier le sorbier

Bel arbre, sans mentir
Feuillage composé, ajouré
Lent à pousser
Volontiers géant
Pourvu qu’on lui laisse le temps
Borne des campagnes de jadis

À la croisée des chemins
Ou en limite de parcelle
Écorce de chêne
Rameau comparable à celui du frêne
Et à l’automne, saison des brumes
Petits fruits
En forme de poire

Bois rouge
D’une telle dureté
Qu’on hésitait à le travailler
Sauf pour les manches d’outil
Les rouages du moulin
La vis du pressoir
Ou de la presse
Gravure sur bois
Poinçons de typographe

Cormier ou Sorbier domestique
Sorbier dans le midi
Cormier au nord, à l’ouest

Vous dites sorbier
Je dis cormier
Ou l’inverse
N’allons pas nous disputer
Pourvu qu’on ait l’ivresse
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À l’orée

 

 

 

 

 

Couronnant la colline
Depuis des temps immémoriaux
La forêt règne sur l’horizon

On n’en voit que la lisière
Bord plus ou moins effrangé
Limite plus ou moins effilochée

Faut-il dire lisière ou orée ?
Qui est dedans, qui est dehors ?
Un œil observe-t-il depuis la sylve ?

La plupart des villages, des ermitages
Ont choisi de lui tourner le dos
D’ouvrir des essarts, des défrichages

À son abord quelque chose nous interdit
Outre les panneaux défense d’entrer
Chasse privée, voire Attention pièges
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Avant de croquer la pomme

Il fallait bien y arriver
Au pommier
Et tout de suite
Tomber dans les pommes
De mon enfance
Au verger planté
Par l’arrière-grand-père
Prénommé Jules
Dans la Sarthe

Tant le pommier suscite
Autour de lui un jardin
De mots et mythologie
Ô Éden, ô Hespérides
Filles de Madame l’Heure-du-soir
Et du titan Atlas porte-monde

L’odeur des pommes
Est un peu sure
Pommes à cidre
Ou pommes à couteau ?
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