Épine noire, épine blanche

Après la disparition du givre
quelle nouvelle floraison
accroche aux branches
les mousselines immaculées
d’un nouveau printemps ?

Épine noire, épine blanche
mon cœur balance

L’épine noire du prunellier
est la première à fleurir
L’épine blanche
ou aubépine
est la plus parfumée

Elles fleurissent
sur les deux versants de l’imagination
aux deux versants d’avril
prunellier en mars
et aubépine en mai

Pique la chair, épine noire
Pique le cœur, épine blanche

Qui enclot ses domaines derrière une haie
d’épine blanche ou d’épine noire
dans un kraal
mot sud-africain
découvert en lisant
La Maison à vapeur de Jules Verne
qui se passe pourtant en Inde
oppose au passage non la force
mais la douleur
Et recevra peu de visiteurs

Saigne à l’épine noire
Aime à l’épine blanche

Ces rosacées
livreront à l’été
l’une, globule violet
presque bleu, et âpre
l’autre, petite cenelle rouge vif
et astringente

Couronné d’épine noire
ou ceint d’épine blanche

Quel mystère printanier
et dissuasif
associe
l’amour et l’épine
le cœur et la ronce
le blanc et le sang ?

Aube de l’épine
Nuit de l’épine

Qu’en dis-tu
Marguerite-Marie Alacoque ?
toi qui rêvas en Bourgogne
l’image du Sacré-Cœur
ceint d’épines
en l’an mille seize cent quatre-vingt-cinq

Épine noire, épine blanche
saurez-vous me dire
pourquoi le plaisir
est toujours mêlé
de peine ?

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