Paul Lepic à contretemps

Tout petit déjà, Paul était contrariant et entêté, facilement décidé à jeûner plutôt qu’à manger son assiette de soupe. À Paris, Georges Pompidou construisait le centre Beaubourg et les voies sur berge… Vasarely et l’Op Art sur tous les murs. Ailleurs, poussaient les centrales nucléaires. Tout était en place pour aller de l’avant. Le futur devenait automobile, il suffisait d’y monter. 

Alors, on ne sait quelle irritation l’a pris, quel besoin précoce de désobéir… Il est soudain parti dans l’autre sens, vers le passé, à contresens, à contretemps. Il a étudié le latin et le grec que l’on commençait déjà à abandonner ; rien ne lui plaisait comme la poussière des vieux livres.

Personne ne le suivait, et cela aurait dû l’inquiéter. Il s’est retrouvé largué, seul dans son canot, dans son château, dans sa tour d’ivoire.

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Un futur d’utopie musicale, écrit pour le spectacle À demain, de la compagnie des Grandes Personnes

Le cercle de John Coltrane (Open Culture)
Demain, les très anciennes recherches sur la musique des sphères, sur l’harmonie céleste, ont enfin abouti. Pendant des siècles on s’était demandé ce qui unissait les sept notes de la gamme et les sept planètes. Par quelle harmonie musicale secrète les astres tournaient-ils dans le ciel sans tomber, sans se cogner ? Quand on a enfin entendu les airs venus des étoiles, l’harmonie de l’univers s’est révélée. Sa tessiture est devenue palpable et audible, et nos guerres, nos disputes, nos vieilles querelles sont tombées dans l’oubli. D’autres voyages sont devenus possibles. L’harmonie céleste ! La musique des sphères !
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Jumeaux de bois et de sang

Source wikipedia

 

 

 

 

 

 

 

 

Buisson ou arbuste
De peu de mine
Jadis renommé
Depuis oublié

D’ailleurs affublé d’un suffixe
Qui dénonce des actions ratées
Ou inutiles
Comme « pendouiller »

Se déploie, le cornouiller
En deux variétés
Complémentaires et opposées
Comme le fer et le sang
Dans un conte
Pas pour enfants

L’un, cornouiller sanguin
Cornus sanguinea
Fleurit blanc
Et possède des fruits noirs
Immangeables

L’autre, cornouiller mâle
Cornus mas
Porte fleurs jaunes
Puis fruits rouges
Cerises oblongues
Comestibles
Une fois blettes

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Vie et aventures de Valentin L***

https://sergephilippelecourtphotographe.wordpress.com
Photographie de Serge-Philippe Lecourt

J’ai plusieurs fois rencontré dans l’Orne de vieux paysans dont la dignité, la pudeur et l’ironie me faisaient irrésistiblement penser aux lords anglais des romans de ma jeunesse. Valentin L*** était l’un d’entre eux. Un jour, il m’a raconté sa vie pour que je la note, parce qu’il craignait que ses arrière-petits-enfants n’en sachent rien. Le récit a été transmis, en voici une version légèrement modifiée.

Fils de Gaston et Lucille L***, issu d’une famille installée depuis très longtemps dans les environs de L*** (Orne), Valentin était un petit garçon tout blond. Ses parents se sont séparés quand il avait deux ans et demi, ce qui était peu courant à l’époque, et le tribunal a décidé qu’il vivrait chez son père. Celui-ci l’a confié à un couple de cousins, Gustave et Juliette D***, qui habitaient une modeste ferme en campagne, près de L***. Si Valentin voyait assez souvent son père qui habitait les environs, il voyait moins sa mère, qui avait déménagé du côté de l’Aigle. Au bout d’un temps, les D***, qui n’avaient pas d’autre enfant, ont fini par l’adopter. Pour aller à l’école, il faisait trois kilomètres à travers champs, jusqu’au village. En hiver, il apportait une bûche pour le poêle à bois qui chauffait la classe, tenue par l’instituteur M. Hocet. L’école de garçons comportait quarante-cinq élèves, l’école de filles à peu près autant. Une bêtise dont il se souvient : un jour, il a grimpé à un arbre pour voler des ce­rises. Avec des camarades, il jouait à attraper des hanne­tons, à les attacher par une patte à bâton et à les faire tourner. Continuer la lecture de « Vie et aventures de Valentin L*** »

Épine noire, épine blanche

Après la disparition du givre
Quelle nouvelle floraison
Accroche aux branches
Les mousselines immaculées
D’un nouveau printemps ?

Épine noire, épine blanche
Mon cœur balance

 

L’épine noire du prunellier
Est la première à fleurir
L’épine blanche
Ou aubépine
Est la plus parfumée

Elles fleurissent
Sur les deux versants de l’imagination
Aux deux versants d’avril
Prunellier en mars
Et aubépine en mai

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« 38 » un poème de Layli Long Soldier

Personne ne me l’a demandé, mais par sympathie, par révolte, par nervosité, par curiosité, j’ai traduit ce poème épique, drôle et triste de Layli Long Soldier sur les Dakota 38, dont l’original anglais se trouve ici, dans l’excellente revue Mud City JournalPar hasard il rappelle les événements d’un 26 décembre.

 

 

Ici, la phrase sera respectée.

Je composerai chaque phrase avec soin, conservant à l’esprit ce que les règles de l’écriture édictent.

Par exemple, toutes les phrases commenceront par une majuscule.

Toutes les sentences commenceront par une capitale.

De même, l’histoire dans la phrase recevra les honneurs d’une ponctuation appropriée en son extrémité, un point ou un point d’interrogation qui marquera l’accomplissement (temporaire) d’une idée.

De même l’histoire de la sentence…

Il vous importe peut-être de savoir que je ne considère pas ceci comme une « création ».

En d’autres mots, à mes yeux, il ne s’agit pas d’un poème inspiré ou d’une œuvre de fiction.

D’ailleurs, on n’y théâtralisera pas les événements historiques pour les rendre passionnants.

Donc, ma responsabilité s’exerce surtout sur la phrase, sur son ordre, elle qui convoie la pensée.

Ces préalables achevés, je commence :

Il est possible qu’on vous ait déjà parlé des 38 Dakotas.

Si c’est la première fois qu’on vous en parle, vous vous demandez sans doute, que sont les « 38 Dakotas » ? Continuer la lecture de « « 38 » un poème de Layli Long Soldier »