Que trament les fillettes ?

VOTRE ROMAN FEUILLETON ILLUSTRÉ…

Dans le cadre du projet QUE TRAMENT LES FILLETTES ? initié par Plaine Commune avec le soutien des villes d’Aubervilliers et Saint- Denis, La Fabrique des Impossibles et les Grandes Personnes vous invitent à un atelier d’écriture et d’échanges animé par Jean-Baptiste Evette, écrivain

Mercredi 25 septembre, à 15h et/ou 17h30 à la Maison pour Tous Henri Roser, 38 rue Gaëtan-Lamy, 93300 Aubervilliers, atelier gratuit et ouvert à tous.

Seront notamment à nos côtés l’association Memoire vivante de la plaine et la Société d’Histoire d’Aubervilliers, roman-feuilleton participatif épisode après épisode !

Souvenirs de jadis, en marge des ateliers d’écriture l’Eau de là

Ces souvenirs qui nous emmènent du Perche à l’Arménie ou à l’Iran ont été recueillis lors des ateliers d’écriture et de parole l’Eau de là, avec le parc naturel du Perche et la Compagnie du théâtre, mais n’ont pas été publiés dans le livret. Les bêtises d’enfant, les cueillettes, la guerre, les guérisseurs, l’école, les percherons, les haies, le vélo, et bien sûr, les pommes, tout le monde d’avant est là.

Arméniens

S’il y a des Arméniens un peu partout, c’est à cause des génocides de 1915 et 1918. Il a fallu se sauver. Les Turcs ne veulent pas le reconnaître, parce qu’il y aurait des compensations, des terres à restituer.

Ma mère a vu son père tué devant ses yeux, mais les enfants ont été sauvés par des Américains qui les ont emmenés en bateau et les ont fait adopter. En bas du mont Ararat, il n’y a plus de gens, il n’y a que des coquelicots rouges, souvenir du sang des Arméniens.

 

Bêtises

Monter sur le petit mur qui séparait les garçons des filles à l’école ; démonter les rouleaux accrochés derrière le tracteur quand le paysan ne regardait pas, et observer, bien caché, la tête qu’il faisait quand il laissait son attelage derrière lui ; profiter de l’absence du propriétaire pour se mettre derrière le percheron Bayard, attelé à sa charrue, tracer un sillon en travers jusqu’au bout du champ et verser la charrue…

 

Bretoncelles

Odette a passé toute sa vie à Bretoncelles, depuis son mariage en 1968. Elle n’en est jamais sortie. Elle a travaillé à la ferme pendant quatre ans, puis à l’hôtel-restaurant. Mais elle connaît la Corvée-les-Ys, en Beauce.

Dans le pays, on reste sur le pas de la porte. On cause en ouvrant le panneau du haut de la porte fermière, mais celui du bas reste fermé, on n’entre pas.

 

Cueillettes

— Il y avait les escargots. Un jour un ramasseur qui les vendait aux restaurants en avait six cents, de gros bourgognes. Les gosses ont vu ça, ils ont fait pareil, ils en ont ramassé autant que possible, les ont vendus et m’ont acheté un cadeau pour la fête des mères. C’était de l’argent honnêtement gagné.

Les gamins allaient aussi chercher du muguet, pour le vendre.

Et les pissenlits, au printemps, quand c’est tendre, les feuilles de pissenlit, surtout après les labours, quand elles avaient été cachées et qu’elles avaient blanchi. On les cuisinait avec de l’ail, des œufs.

Le tilleul, bien sûr, et les fleurs d’acacia, pour les beignets, c’est tellement bon.

Et surtout les champignons, les rosés-des-prés, les morilles, il y en avait davantage. Les morilles, on les trouvait autour d’une souche de pommier qui se défait, une vieille trogne. Les gens de Bretoncelles venaient les chercher dans notre champ. Oh non, on les vendait pas, on le mangeait avec du veau ! Saint-Victor-de-Buthon, c’était bien pour les morilles.

— Oh, ceux qui trouvaient des morilles, c’étaient surtout les menteurs.

Les cèpes, il y en a qui y allaient…

— Les mûres, le sureau, c’est des trucs de Parisiens. Ils mangeraient n’importe quoi, du cynorhodon, des prunelles. C’est point fait pour nous. On me disait « Si tu manges des mûres, tu vas avoir des poux. »

— Moi, en tout cas, j’en mangeais. Gamins, on mangeait de tout. Les prunelles, après la première gelée ; les mûres ; les nèfles, comme ça, l’hiver, aussi après les gelées, quand elles sont molles ; et les petites groseilles sauvages, qui sont souvent blanches.

— Il faut des haies, et beaucoup sont tombées, comme à Coulonges-les-Sablons.

Avec les orties, on fait de la soupe, en ajoutant un peu de crème fraîche. On les cueillait avec des gants, ou on les prenait d’en dessous pour ne pas se piquer. On les faisait fondre à la poêle ou on les mettait directement à la casserole.

 

Dindes et dindons

Mais si, on en élevait, il y en avait dans les fermes. Et on mangeait une dinde rôtie à Noël !

 

Éclairage

Nous avons habité des maisons sans électricité, l’éclairage se faisait à la lampe à pétrole, avec une petite lampe pigeon, par exemple. Et les devoirs pour l’école se faisaient autour de la lampe. Dehors, pour éclairer, on utilisait des lampes à carbure.

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