Le figuier, arbre aux fables

Nain peut-être
Au royaume des lettres
Souvent les fruits poétiques
Paraissent hors de portée
Pourtant, je m’obstine et
Me hisse sur la pointe des pieds

Mais heureusement cet arbre-ci
Un peu plus au sud
Incline sa ramure et ses énigmes
Jusqu’à moi
Sans fatigue

Son tronc ?
Gris, lisse
Parfois tors, déviant de la verticale
Se livre à des penchants capricieux

Ses branches ?

Sinueuses, cassantes
Annelées ou bourgeonnantes

Son ombre ?
Dense et fraîche
Aurait tenté le serpent
D’y abriter son intrigue

Son parfum ?
Riche et sucré
Pour peu qu’il soit chauffé
Au soleil d’été

Ses feuilles ?
Vernissées, de forme aussi variée
Que les interprétations d’un verset sacré
Auraient aidé les parents premiers
À cacher leur nudité

Ses fruits ?
Succulents, craquant sous la dent
Secs ou frais
Courcourelle ou marseillaise
Angélique ou boufrone
Belone ou blavette
Négrine ou ambique
Infrutescences en réalité
Viennent à maturité en ordre dispersé

Bel ornement de l’Éden
Du vert au violet
La figue en a fait succomber plus d’un
À une tentation succulente

En fait la fleur est à l’intérieur de la figue
Il lui faut un sacrifice
Une guêpe y perd ses ailes
Pour la féconder
Elle renonce à la fugue

Respect au figuier
Digne de figurer dans
Un serment proféré
Par la divinité
Digne de donner son titre
À une sourate du Coran

Ficus carica
Disent les botanistes
Ou figuier de Carie
Qui est une ancienne satrapie
De l’actuelle Turquie
Patrie d’Hérodote dont les Histoires
Sont aussi un arbre aux fables
Pour l’imagination, nourriture inépuisable

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